De la deuxième guerre mondiale à l’an 2000 :

Après un temps de flottement, et l’envahissement de la France en 1940, force est de constater que I’AAR n’a plus de ressources par manque de la rentrée des cotisations, de plus ses dirigeants et certains membres sachant qu’ils peuvent être requis ou arrêtés par l’ennemi, cessent toute activité et quittent même la capitale. L’association se met en sommeil, ses adhérents entrent dans l’ombre.

Le 22 juin 1940, c’est l’armistice, la France est occupée. Pendant quelques mois, les parisiens se retrouvent dans un coin isolé de la salle du café Barbotte que le patron leur réserve, loin des oreilles indiscrètes.Fin 1941, Charles Brouard fait part à quelques amis de son envie de recommencer à diffuser la connaissance de la radiesthésie à travers des réunions privées, mais il ne sait pas comment faire. Aussitôt, mademoiselle Jeanne Simond, secrétaire de l’association propose son appartement. C’est ainsi que naît le « cours de radiesthésie de guerre ». Ces réunions clandestines eurent d’abord lieu le vendredi après midi, puis le jeudi soir. Il y avait même des exercices pratiques effectués à l’extérieur pour prendre les radiations des obus. Malgré des menaces de dénonciation, Mademoiselle Simond tint bon et les cours se poursuivirent jusqu’à la fin des hostilités. Cette ténacité lui vaudra d’être nommée présidente honoraire.

La première assemblée générale suivant la fin de la guerre se tient le 23 février 1946, 125 membres sont présents, il faut relancer l’association, et c’est de nouveau à Charles Brouard que l’on fait appel comme président. Les statuts sont modifiés et grâce aux précautions prises par la trésorière, ainsi qu’à l’aide financière apportée par Alfred Lambert propriétaire de la « Maison de la Radiesthésie », l’association se trouve à jour de toutes ses dettes et avec un pécule pour redémarrer. Le siège de l’association est provisoirement maintenu chez Mademoiselle Simond, 2 place Gambetta.Le premier numéro d’après guerre de la revue paraît au mois de mai 1946, c’est le numéro 63, de mensuelle, la revue devient bimestrielle.

A peine la radiesthésie renaÎt-elle, que déjà on l’attaque dans la presse et la radio, les organes officiels veulent réglementer sa pratique (ordonnance du 24 septembre 1945, relative à l’exercice et à l’organisation des professions médicales). C’est aussi le début des divergences de vues entre les tenants de la radiesthésie scientifique et de la radiesthésie mentale. Malgré cela, les conférences, les réunions et les sorties reprennent. Les adhésions augmentent, mais jamais nous n’atteindrons les chiffres d’avant guerre, nous arrivons aux environs des 450 à 500 membres.

Un premier congrès de radiesthésie biologique organisé par l’association des médecins radiesthésistes à lieu en octobre 1947 à Paris. En juin 1952, un pèlerinage en souvenir de l’Abbé Mermet est organisé à Jussy et dans son village natal des Ollières où une plaque sera apposée sur sa maison familiale. C’est la période des procès intentés contre les radiesthésistes médicaux, notre président en appelle à la prudence et à la discrétion. Un Comité belge pour l’Investigation Scientifique des Phénomènes Réputés Paranormaux est créé, ses membres essayant de discréditer la radiesthésie, par dérision, les radiesthésistes le surnommeront le comité Para. Le docteur Rendu continue ses démonstrations anti- radiesthésie.

Il faudra attendre 1954 pour qu’un congrès international permette enfin à tous les radiesthésistes de se réunir. Il a lieu à Paris sous la présidence de Gabriel Lesourd, pharmacien, radiesthésiste éminent, membre de I’AAR et responsable du bulletin de l’association depuis 1946. Grâce à sa diplomatie, l’affrontement entre scientifiques et mentalistes sera évité. Cette année verra aussi la création du Syndicat National des Radiesthésistes dont nous trouvons parmi les membres fondateurs le Père Jean Jurion et
Jean Auscher deux radiesthésistes célèbres. L’association transfère son siège social 157 boulevard saint Germain à Paris.

En 1956, un congrès mondial de radiesthésie à lieu en Suisse à Locarno, sous la présidence du docteur Casasopra, à l’issue de celui-ci, l’Union Mondiale des Radiesthésistes, U.M.R.A. sera créée, son premier président en sera le docteur Casasopra. Notre association voit le docteur Paul Châtelain succéder à Charles Brouard comme président. C’est un vétérinaire, ancien professeur à l’Ecole Vétérinaire de Hanoï, vice-président depuis 1946, radiesthésiste respecté. A la fois poète et fabuliste, il est aussi président de l’association « La Chanson Française », et organise des concerts et des spectacles auxquels il participe. Les conférences et les sorties se poursuivent. Il devient aussi gérant du bulletin en remplacement de Gabriel Lesourd. Le docteur Châtelain restera à la présidence jusqu’à fin 1971.

En 1972, monsieur Gaston Oudotte devient président pour une année, il est l’inventeur d’un appareil de mesures biologiques appelé « Ondobiomètre » qui fut vendu pendant plusieurs années par la Maison de la Radiesthésie.

En avril 1973, c’est le vicomte Henry de France fils qui est élu président de notre association. Radiesthésiste mondialement connu, membre fondateur de I’AAR aux côtés de son père, officier de radio de la marine marchande, journaliste, peintre, écrivain, auteur de nombreux livres dont son dernier « Radiesthésie Théorique et Pratique » bien qu’épuisé est toujours d’actualité et se trouve facilement en occasion. Conférencier hors pair, il organise de nombreuses activités et des cours de radiesthésie, il met en place un repas-conférence trimestriel qu’il appellera le « DÎner des Sourciers ». Le siège social passera au 12 rue du Terrage dans le 10ème arrondissement puis à Parmain en 1982 et rue des Prouvaires dans le 1er arrondissement en 1985. C’est aussi à partir de l’année 1982 que notre bulletin devient trimestriel.

Henry de France restera président jusqu’en mai 1992, date à laquelle il se retirera pour raisons de santé. Du fait de ses très longs et très appréciés services, Henry de France est nommé président d’honneur de l’association. Il décèdera en avril 1993. Le comité directeur portera alors madame Henry de France à la présidence d’honneur. C’est pendant cette période, que petit à petit, comme les activités et les réunions sont centralisées sur Paris et sa région, les adhérents de province diminuent et que notre association se « parisianise », le seul lien restant avec les provinciaux et les adhérents habitant à l’étranger étant le bulletin et éventuellement l’assemblée générale annuelle.

En 1992, Henri Rullier, jusqu’alors vice-président, est élu à la présidence. Les 13 et 14 novembre 1993 le premier congrès européen de la radiesthésie, organisé par le Syndicat National des Radiesthésistes, se tient à Paris, à l’hôtel Hilton. Henri Rullier démissionnera pour raisons personnelles en mai 1994 après 19 ans passés dans l’association, dont 14 années comme membre du comité, 4 ans comme vice-président et 3 comme président. André Lafaye responsable de la communication assurera l’intérim pour quelques mois. Notre association entre à nouveau dans une période agitée et se retrouve en situation précaire, l’AAR devra même faire reconnaître ses droits par la justice.

En 1995, monsieur René Lemarchand ancien secrétaire accepte le poste de président afin d’assainir la situation. Son but: relancer l’étude de la radiesthésie et augmenter le nombre d’adhérents. Le siège social est transféré au 163 rue Saint Honoré dans le 1er arrondissement. En 1996, l’association compte 293 membres, c’est à cette époque que Bruno Allione devient membre du comité. En 1997, le siège social est transféré 20 rue Saint Nicolas dans le 12ème arrondissement. Le vingt et unième siècle arrive, pour continuer notre histoire, voir( Notre Histoire, « de l’an 2000 à nos jours ». )